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On le louait avec des mots qui rendent justice à un caractère. On semblait vouloir reconnaître dans sa façon de peindre la beauté de son âme. Le blanc d’argent et le bitume dont il se servait étaient le blanc d’argent et le bitume d’un noble coeur. On inventait la flatterie des épithètes morales pour sa peinture; on disait qu’elle était «loyale et véridique», qu’elle avait la «sérénité des intentions et du faire». Son gris devenait de la sobriété. La misère de coloris du pénible peintre, du pauvre prix de Rome, faisait trouver et imprimer qu’il avait des «couleurs gravement chastes[16]», etc. [Note 16: Manette Salomon, p. oculos oakley romeo
161.]Tout le portrait de ce pauvre Garnotelle, vingt fois repris etcomplété, est une merveille de finesse, d’ironie, de férocité. On ysent l’entrain d’une vengeance personnelle contre l’artiste philistin.De l’esprit, MM. de Concourt en ont tant qu’ils veulent, et parfoisaussi tant qu’ils peuvent, du plus subtil, du plus tourmenté; unesprit qui est souvent, à l’origine, un esprit de pénétration aiguë etrapide, un esprit d’analystes, mais qui est plus souvent encore unesprit de stylistes, une coquetterie de l’imagination en quêted’expressions rares, d’alliances de mots imprévues, d’enfilades desynonymes d’un relief croissant; une coquetterie à qui la justesse nesuffit point, qui ne s’en tient pas au brillant, qui va d’elle-mêmeau raffiné, au singulier, à l’extravagant, qui renchérit sans cessesur ses trouvailles et qui s’excite à ce jeu. Les exemples seraientinnombrables: voyez seulement dans Manette Salomon la définition dela blague[17] et la description de la danse d’Anatole[18]. Il y a là(et ces débauches sont fréquentes chez MM. oculos oakley 24k de Goncourt et constituentpresque leur ordinaire) l’ivresse d’une rhétorique particulière, unsoûlerie de mots, une orgie de virtuosité. Ils sont intempérants etagités entre tous les stylistes. [Note 17: Manette Salomon, page 28.] [Note 18: Ibid., page 230.]Ils prêtent à leurs personnages lettrés, comme il est naturel, cestyle et cet esprit. Je n’ai guère rencontré, pour ma part, desbohèmes et des petits journalistes aussi spirituels que ceux de larédaction du Scandale. oculos oakley antix
Mais, cet heureux mensonge signalé, il fautreconnaître que les conversations qui abondent dans ces romans ont auplus haut point l’allure et le ton de la conversation contemporaine,parisienne, boulevardière, de la conversation de café ou d’atelier,avec son laisser-aller, son débraillé, ses façons sans-gêne ettouche-à-tout, ses hardiesses, son hyperbolisme, son tour sceptique etparadoxal, avec ses prétentions aussi et ses affectations, son ironietournée au tic, sa manie de feux d’artifice. Manette Salomon,Charles Demailly et Renée Mauperin (avec Denoisel) sont, à cepoint de vue surtout, trois livres ultra-parisiens, qui pourront, danscent ans, donner à nos descendants une idée assez juste de la façondont conversaient les plus spirituels et les plus blasés de leurspères dans la seconde moitié du XIXe siècle. Pour le XVIIIe nous avonsles conversations rapportées par Diderot dans les lettres à MlleVolland. Le rapprochement pourrait être fertile en aperçus.Tout l’esprit de MM. de Goncourt, étant moins une fleur de bon sensqu’une fleur d’imagination, et ayant ses origines dans leur extrêmeimpressionnabilité, ne les empêche pas de nous émouvoir, et même assezsouvent. Leurs fins de livre sont navrantes.

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