vivres. oculos oakley juliet

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

Il fit la guerre avec allégresseet, l’on n’en saurait douter, avec génie.Jadis, quand j’étais beaucoup plus jeune, je concevais mal cegénie-là; je n’en saisissais point la beauté propre. Un grand poèteme semblait un être infiniment supérieur à un grand général. Je medisais: «Je vois bien qu’un chef d’armée doit avoir une certainelucidité et une certaine force d’intelligence. Il s’agit, en effet, decombiner, pour un but précis, des éléments multiples et quisoutiennent entre eux des rapports compliqués. Rien que pour mettre enbranle un régiment, que de choses dont il faut tenir compte: le nombredes hommes, leur état physique et moral, la vitesse de leur marche, laforme des terrains, la nature du sol, les chemins, la température, lesmouvements possibles de l’ennemi! Et, ce qu’on ne sait pas, il faut ledeviner. Et il faut, en outre, leur assurer la subsistance et combineravec leur marche celle des convois de vivres. oculos oakley juliet
Quand on doit faire cetravail pour un certain nombre de régiments ou de groupes plusconsidérables et lier entre elles et subordonner les unes aux autresdes évolutions déjà si complexes en elles-mêmes, le calcul devientétrangement difficile, mais enfin l’effort intellectuel qu’exige cetteopération ne diffère pas essentiellement de celui que fait un bonjoueur d’échecs. Il s’agit, ici et là, d’avoir à la fois sous lesyeux, de retenir en même temps dans le champ de son attention unegrande quantité de mouvements accomplis et de mouvements projetés etleurs relations actuelles et futures. Or, cela ne suppose qu’uneaptitude particulière qui peut d’ailleurs s’allier à une foncièremédiocrité d’esprit. Les hommes de guerre ne m’éblouissent point.Plusieurs, du reste, n’ont même pas eu cette sorte d’intelligence queje viens de dire: le hasard a presque tout fait pour eux, et il y a euplus d’une bataille gagnée à l’insu de celui qui commandait. Dans tousles cas, les facultés dont est composé le génie d’un soldat sontpresque toujours d’une espèce assez humble; le degré seul en estquelquefois éminent.»Ainsi raisonne-t-on à l’âge heureux où l’on a toutes lesimpertinences. oculos oakley feminino Mais, à mesure qu’on vit, on acquiert un sens plusexact des réalités. Ce qui met tout de suite une énorme distance entrele joueur d’échecs et le général d’armée, c’est que ce dernier opèresur des éléments concrets, changeants, fuyants, variables, et sur unematière vivante. Les pièces de son échiquier sont des groupes d’hommesfaits de chair, d’os et de nerfs, et d’une âme agissante et sentante.Il y a toujours dans ces masses une terrible somme d’inconnu, unecontinuelle menace de surprise. On ne sait jamais ce qu’il en sortira,ni ce qui dort dans cette âme collective, si capricieuse, sujette àdes mouvements inexpliqués et contagieux. Il faut certainement un donspécial, une volonté, une confiance peu communes pour agir directementsur ces masses obscures. Il faut un ascendant, un je ne sais quoid’assuré et de dominateur, qui s’impose de lui-même à ceux qui serventd’intermédiaires entre ces multitudes vivantes et vous. oculos okley
Après avoirosé décider, il faut oser commander. Si vous croyez que cela n’estrien! Je m’en sens si profondément incapable que je commence àadmirer ceux qui ont cette puissance en eux.À la terreur qu’on doit éprouver au moment de mouvoir ces massesmystérieuses, joignez le sentiment d’une responsabilité formidable. Cequ’on ordonne ainsi, c’est la mort de milliers de créatures humaines,et c’est une prodigieuse quantité de tortures physiques et desouffrances morales. Et, par delà le champ de bataille, ce qui est enjeu, ce dont on décide d’un mot, d’un geste, c’est l’intérêt,l’honneur, le bonheur de plusieurs millions d’autres hommesaujourd’hui et dans l’avenir. Aucun acte humain n’a des conséquencesni si immédiates, ni si lointaines, ni si sérieuses, que celui d’ungénéral en chef. Jugez quelle force d’âme il exige et de queltremblement intérieur il doit être accompagné!Et c’est par là que le rôle de l’homme de guerre devient d’uneincomparable grandeur.

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »