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.. Moi qui vous parle, moi qui seul sais le respect et la reconnaissance que je lui dois, j’ai dû m’abstenir de les exprimer comme je les sens, autant pour être fidèle à cette modération qu’il aimait à garder en toutes choses, autant pour ne rien dire ici qui ne dût être dit par tout autre à ma place, que pour ne pas m’exposer à être envahi par une émotion trop poignante qui ne m’aurait pas laissé la liberté et la force de rendre à cette mémoire si chère et encore si présente l’hommage public auquel elle a droit.Je vous assure que ces simples lignes, à leur place, sont d’un trèsgrand effet.IIICe livre nous fait aimer M. Gaston Paris: il nous fait aimer aussi lemoyen âge. M. oculos oakley dispatch
Paris insiste sur ce point, qu’en dépit de la violenterupture de la Renaissance avec nos traditions, le moyen âge, c’estbien nous-mêmes, que c’est bien notre esprit et notre coeur que nous yretrouvons, que les hommes de ces temps anciens sont bien réellementnos pères. C’est surtout de cette démonstration que je lui sais gré.Il nous rend une noblesse, à nous qui n’en avons pas d’autre. Jeserais charmé de m’appeler Montmorency: ce serait une joie pour moid’avoir été déjà glorieux bien loin dans le passé; mais, si nous nesommes pas de haute lignée par le sang et le nom, nous sommes dumoins, nous les lettrés, d’une grande et vieille race intellectuelle:nous remontons à Téroulde et par delà, plus haut que les Montmorency;et cela nous console amplement, et nous remercions M. Gaston Paris des’être fait le généalogiste de nos intelligences.Il nous fait d’autant plus aimer la littérature du moyen âge qu’il enparle avec modestie. Il n’a point les ardeurs naïves, les admirationsintolérantes de tel romanisant qui, parce qu’il a consacré sa vie àcette littérature, ne voit rien au monde de plus beau et, pour peuqu’on le pousse, vous met la Chanson de Roland au-dessus del’Iliade et le Mystère de la Passion au-dessus des tragédies deRacine. oculos sol oakley M. Paris est un érudit si peu emporté qu’il se refuse àtrancher la question qu’on se pose toujours dès qu’on a pris quelqueintérêt à ces études:–Sans la Renaissance, provoquée par laconnaissance et l’imitation des lettres antiques, notre littératurenationale fût-elle parvenue d’elle-même au degré de perfection où sontmontées la grecque et la latine? Autrement dit, la Renaissancea-t-elle été un bien ou un mal?–Grosse question, attirante commetoutes les questions insolubles, et frivole peut-être sous un air desérieux. Il est certain que l’âme du moyen âge avait en elle destrésors de sentiment, d’imagination et de passion tels que l’âmeantique semblerait presque indigente auprès. Il est sûr, d’autre part,que le moyen âge n’a jamais su exprimer complètement, dans desouvrages parfaits, cette poésie qui était en lui. Il n’a pas sutrouver une forme égale à ses rêves et à ses aspirations. Il n’aguère connu la beauté plastique. Pourquoi? Est-ce parce que lesentiment chrétien, dont le moyen âge était pénétré, répugne au fond àla beauté proprement artistique et littéraire, comme à quelque chosequi tient trop à la matière et à la chair et dont la séduction a je nesais quoi de païen et de diabolique? Ou bien le peuple tout jeune ettout neuf sorti de la fusion des Celtes, des Latins et des Francs, setrouvait-il incapable, par quelque faiblesse de complexion,d’atteindre jamais de lui-même à la perfection de l’art? Ou bien enfinest-ce qu’il n’a pas eu le temps d’y atteindre en cinq cents ans? Ilne faut pas oublier que ces cinq siècles ont été fort troublés, que laguerre de Cent ans a été une terrible interruption dans le progrèsintellectuel de notre race; et, malgré cela, nous étions déjà en bonchemin quand la beauté antique nous a été révélée. oculos oakley dart
Je ne sache pasqu’il y ait dans notre XVIe siècle rien de comparable en poésie, mêmepour la beauté de la forme, à telle ballade de Rutebeuf, de Charlesd’Orléans et de Villon. Il s’en faut de peu que telle page de Commynesn’égale les plus belles de Montaigne et de Rabelais. Qui sait où nousserions parvenus, laissés à notre propre mouvement? Et d’ailleurs, sil’antiquité grecque et latine, aussitôt dévoilée, nous a séduits etsubjugués, c’est sans doute que nous avions en nous l’instinct et lesentiment de cette forme accomplie et que nous y aspirionsconfusément. On pourrait donc dire que nous avons reconnu cette beautéplutôt que nous ne l’avons découverte, et que l’imitation del’antiquité n’a pas été pour nous une «Renaissance», mais unachèvement. Et l’on se demanderait alors si l’antiquité ne nous a pasfait payer un peu cher le service qu’elle nous rendait. Elle a sansdoute hâté notre croissance, mais aussi peut-être l’a-t-elle faitdévier pendant un siècle et plus. Car, avec ses formes, elle nous aimposé ses idées et ses sentiments, et, en les mêlant aux nôtres entrop grande abondance, elle a bien pu altérer pour un temps (dansquelle proportion? on ne le saura jamais) notre développementoriginal.

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